Le continuum de la domination

•mars 9, 2008 • 2 commentaires

J’aborde personnellement l’instinct de dominant comme l’instinct de leader; sur un continuum allant de l’extrême-dominant jusqu’au zéro-dominant.  Nous avons tous en nous une fibre dominante comme une fibre de leader plus ou moins excitable.  Dans un groupe nous devenons leader lorsque nous sommes celui qui a le plus haut niveau de leadership du groupe sur le continuum.  Ainsi, dans un groupe d’individus nous pouvons être le leader, alors que dans un autre groupe nous ne le serions pas du tout, car d’autres le seraient plus que nous.

 

Je crois qu’il en va de même pour l’instinct de dominant.  Lorsqu’on se rapproche de quelqu’un qui a cet instinct moins développé, nous devenons le dominant du duo alors qu’à l’inverse, se rapprocher de quelqu’un de très dominant nous placera dans une position inférieure.

 

Alors vous me demanderez : Pouvons-nous donc tous être à la fois soumis et dominant, en fonction des gens qui nous entourent?

 

Je vous dirai que non. Bien que l’instinct des gens de qui nous nous rapprocherons dictera notre conduite, cela ne veut pas dire que nous prendrons plaisir à l’adopter et que nous trouverons ce statut confortable.  Un homme dominant, au contact d’une femme plus dominante que lui se trouvera dans un statut inférieur mais n’acceptera pas la soumission puisque cela ne lui donne pas de plaisir. Il ira donc butiner vers quelqu’un d’autre.  Il y a pourtant des gens qui prennent du plaisir autant dans la domination que dans la soumission et qui, sur le continuum de l’instinct dominant, se trouvent quelque part au milieu, ce qui leur permet de trouver assez facilement autant des gens plus dominants que moins dominants qu’eux.  Ainsi, je ne considère pas les switch comme des adeptes de SM de secondes classes comme la plupart des puristes mais plutôt comme des gens qui se situent tout simplement au centre du continuum.  Ils ont, à leur avantage, la chance de vivre les deux côtés du miroir.  J’ajouterai tout de même une nuance avant de clore cette idée.  Je suis personnellement incapable de concevoir une relation bdsm où deux personnes switch échangent entres-elles les rôles de sorte à être tantôt dominant et tantôt dominé à tour de rôle.  Je crois que les frontières des rôles s’affaibliront par ces changements de titre et la crédibilité à la fois du Dominant et de la soumise seront compromise, cela sans compter les refoulements et les risques de vengeance inconscients.

Les cordes qui se détendent

•mars 6, 2008 • Laisser un commentaire
  • Tendre une corde sur une peau. 
  • Ne penser qu’à la tension et à la disposition.

Cette corde, douce ou rêche, impose sa place et légèrement creuse la chaire.

  • Habiller ce corps de fibres textiles en format géant. 
  • Tisser sur elle son propre reflet, sa propre féminité.
  • Un moulage parfait, ondulé, texturé; une seconde peau.

Un instant « total présent » où il n’y a simplement aucune place pour le passé ou le futur.

  • Deux corps; un qui tisse et l’autre qui s’agrippe.

Il s’abandonne au corps qui se livre sans pudeur; l’écoute, le scrute, le révèle, l’avantage, le frôle, le caresse, le tiraille et le contraint.

 

J’aimerais qu’on m’enlace de cordage, avec fermeté et assurance.

J’aimerais qu’on me délie doucement, en silence, pour sentir la caresse et les frissons des cordes qui se détendent.

Les courbes contraintes

•mars 3, 2008 • 5 commentaires

Il y a quelque chose de terriblement fascinant, mais à la fois si effrayant au shibari.

 

Physique : Le corps d’une femme, dans toutes ses rondeurs, ses formes et sa chaire exposée, dans toute sa vulnérabilité et son abandon, emprisonnée par cette lourde présence qui, au lieu de la cacher, l’expose et l’honore davantage.

 

Psychique : Une transe mentale, un ballet du corps répondant aux exigences de l’autre sans broncher, déconnectée, docile et malléable. Une sensibilité palpable qui, à la limite, sort du corps et l’observe, témoin silencieux du déroulement des évènements.

 

L’expérience : Quelques respirations profondes pour tenter de détendre le corps.  Des étirements pour éviter les crampes ou les douleurs reliées aux faux mouvements. Décontracter tout ce qui peut l’être, pour ne pas que les cordes soient trop serrées lorsque l’angoisse disparaîtra et que le corps se détendra. Arrive ensuite la transe de l’enroulement méthodique, calculé et minutieux. Présenter les membres, obéir, garder le silence pour se cacher au fond de soi-même et vivre les émotions lorsqu’elles se manifestent.  Éteindre les angoisses de la contrainte, respirer profondément, se calmer et simplement se laisser guider. Sentir les cordes, leur douceur, leur tension, ne faire plus qu’un avec l’épiderme.  Sentir les points de pression indiquant où notre poids est distribué.  Ça y est, l’esprit flotte et le corps aussi. L’inconfort physique n’est plus capté par l’esprit. Quelques extrémités froides, quelques zones très chaudes et une position peu intuitive tout au plus. Le corps est nu mais pourtant si enveloppé. Le temps s’arrête un instant puis l’œuvre ponctuelle doit mourir.

 

La fin : Orchestré avec soin, le corps reprend étape par étape sa forme usuelle. La danse de l’enroulement, des nœuds et de la séquestration s’effectue en sens inverse. Les larmes brouillent la vision mais n’enlèvent rien à l’expérience; c’est l’esprit qui reconnecte avec le corps. Le maquillage défait, c’est sur ce corps ondulé par les cordes que le regard se porte.  Une texture de peau propre au shibari bien effectué, ni trop relâché ni trop serré.  Une dentelle épidermique rosée qui fait durer le rêve encore un peu.

 

Le fruit d’une visualisation, rien de plus, car je n’ai pas eu la chance de vivre cette expérience encore.

À venir

•mars 2, 2008 • Laisser un commentaire

À venir : Je rédige présentement une nouvelle que je j’afficherai ici – en pièces détachées – ventilée en 3 ou 4 billets.

Les convenances

•mars 2, 2008 • 2 commentaires

Certaines barrières de la bienséance sociale peuvent tomber de façon plutôt inoffensive.  Qui s’intéresse au fait que vous portiez ou ne portiez pas de sous-vêtement?  Aujourd’hui je ferai mes courses avec le strict minimum.  Des bottes, un jeans et un manteau.

 

Pas de bas.

Pas de sous-vêtement.

Pas de chandail.

Pas de soutien-gorge.

 

Le stricte décent.

 

Que du textile en moins, et pourtant, je sentirai les frissons déclenchés par l’impression de surfer sur l’anarchisme.

L’annonce aux néophytes

•février 27, 2008 • Un commentaire

Dans le jeu des confidences intimes sur l’oreiller, annoncer à un homme que je suis soumise au lit provoque le même effet chez lui que lorsqu’il apprend qu’une femme est bisexuelle. Son regard s’excite, ses tempes se mouillent et ses narines convulsent.  Alors qu’il regarde la femme bisexuelle en l’imaginant dans de torrides ébats conjugués au féminin avec quelques conquêtes cachées sous son jupon prêtes à partager avec lui, il voit la femme soumise menottée à son lit prête à assouvir ses moindres désirs sans broncher.

 

Avec la candeur de « dessine-moi un mouton! », je ne compte plus les fois où on m’a demandé « apprends-moi le SM! ». Ce à quoi je réponds « Ce n’est pas moi qui guiderai tes pas, consciente de mes intérêts et de mon rang. » Et franchement, que ferais-je d’un débutant qui n’aurait aucune crédibilité à mes yeux étant donné que je connaîtrais toutes ses faiblesses?

 

Tout comme une danse de ballroom où l’homme dirige et apprend d’un autre homme la méthode adéquate pour conduire sa partenaire, la domination s’apprend de Dominant à Dominant.  Je ne peux enseigner que la soumission, ce que je sais, ce que je suis.  Je tiens à la pureté de mes envies et à la magie de me faire gouverner, sans vouloir comprendre le processus. 

 

Faites-moi danser, ne m’apprenez pas à compter vos pas.

Le collier de la soumise

•février 26, 2008 • Laisser un commentaire

Une soumise est une femme qui a un intérêt pour la perte de contrôle.  De grandes décharges de plaisir parcourent sont corps lorsqu’elle rend les armes et obéit aux directives.  Habituellement, les soumises ne sont pas reconnaissables au grand jour, et c’est dans l’intimité de leurs activités qu’elles témoignent de leur soumission.  Wiki, chinois d’une fiabilité douteuse, nous informe que « le port d’un collier signifie généralement que le porteur est le soumis ».  Je crois que cette description est très peu exacte. Il est vrai que, de coutume, les soumises qui sont possédée par un Maître (après consentement de la soumise) portent le collier.  Ce collier est massif lors des activités et joue souvent un rôle fonctionnel alors qu’il est strictement décoratif et délicat au grand jour.  Bien des soumises ne portent aucun collier, soit parce qu’elles ne veulent pas être identifiables ou parce qu’elles n’ont pas de Maître.

 

Je crois cependant qu’une soumise ne devrait jamais se prémunir d’un collier.  La grande romantique en moi aime voir dans l’échange d’engagent entre le Maître et sa soumise l’offre d’un collier en retour.  La soumise offre à son Maître ses pouvoirs et son contrôle, en échange de quoi le Maître lui offre un collier lorsqu’il jugera qu’elle l’aura mérité.

Le BDSM; un peu de souffrance avec ça?

•février 25, 2008 • Laisser un commentaire

Beaucoup de gens confondent le BDSM de la simple relation de domination-soumission, et avec raison. Par BDSM, il est question de bondage, discipline, sadisme et de masochisme. Il s’agit dont de contraintes physiques avec un degré de souffrance variable qui n’a pour but que le plaisir des deux partenaires.  Cette relation se fait entre un Dominant (souvent appelé Maître) et une soumise.  La relation BDSM a donc toujours lieu dans un cadre de domination-soumission.  Cependant, il est possible de ne vivre qu’une simple relation de domination-soumission sans la souffrance du SM mais avec les mêmes personnages, c’est-à-dire le Dominant et la soumise.

 

À mon sens, une réforme de l’acronyme s’impose, laissant place à des relations BD sans souffrance et des relations BD-SM avec souffrance.  Cependant, les puristes diront qu’il n’existe pas de relation BD sans SM, qu’une relation BD s’ouvre inévitablement vers le SM et donc qu’un seul terme s’impose pour ce genre de relation; le BDSM.  Je dois avouer qu’il est difficile d’établir une frontière tangible entre ce que serait le BD et le BDSM car il est ardu de répondre à cette simple question : Quand commence la souffrance? Une claque sur une fesse est-elle une souffrance? Est-ce que pincer un mamelon est une souffrance? Tout est dans la perception et dans l’œil du donneur et du receveur.

 

C’est tout de même triste de tout mettre dans le même panier de crabe des pratiques si divergentes. Allons! Soyons fiers de nos différences et affichons-nous avec précision; cela nous fera gagner du temps et nous évitera des déceptions!

Le vouvoiement

•février 23, 2008 • 2 commentaires

Il m’avait acheminé des directives strictes; Tenue, hygiène, environnement, et comportement.  Tout y figurait dans les moindres détails.  Le délai laissé entre les instructions et son arrivée ne laissait aucune place à l’hésitation et au doute.  Pourtant, malgré le fait que j’entrais rapidement dans cette bulle de dévouement, dès son arrivée, j’ai eu de la difficulté à le vouvoyer, étant donné le fait que depuis des années nous nous soyons tutoyés lors de nos rencontres sociales chez des amis communs.  Je lui ai dit, le regard soumis collé au sol, toujours debout devant lui, les cuisses entrouvertes et les bras croisés au dos « je n’arrive pas à vous vouvoyer ». Il ma doucement répondu « Tu peux me tutoyer, je ne m’attendais pas à ce que tu sois capable ». Voilà, le charme était rompu.  Où certains verraient une certaine clémence, j’y ai vu une faiblesse, l’endroit où il aurait dû statuer son autorité alors qu’il a généreusement plié à ma demande. Tutoyer un homme me rend moins docile.

L’estime d’une soumise

•février 23, 2008 • Laisser un commentaire

Bien des hommes croient qu’une soumise est une femme faible qui frôle les murs, l’estime dans les talons, que l’on  utilise pour soulager ses bas instincts.  Voilà une mauvaise conception de la soumise et de la relation Maître-soumise.  À l’instar des hommes virils assumés qui ne sentent pas que des vêtements roses remettent en question leur identité sexuelle, les perles de soumises sont des femmes fortes et fières qui ne se sentent pas rabaissées dans leur statut de femme lorsqu’elles entrent en soumission.  Il s’agit ici d’une perte de contrôle volontaire, implorée, encore faut-il qu’il y ait du pouvoir pour avoir envie de le perdre. Voilà pourquoi les soumises saines d’esprit ont habituellement des carrières florissantes avec beaucoup de pouvoirs et de responsabilités. Un Maître n’a aucun intérêt envers une soumise qui courbe l’échine parce qu’elle ne connaît pas d’autres positions.  Un Maître digne de ce nom apprécie la femme forte qui lui remet son précieux pouvoir lorsqu’ils traversent ensemble de l’autre côté du miroir pour se faire progresser l’un et l’autre.