Carboniser la com’: Chapitre 5 : Descente aux enfers (et y brûler vifs)
Nous avons poursuivi ces rendez-vous sans réellement discuter, simplement à être là, tous les deux, moi à trembler et toi à me faire peur, à me faire mal, à me faire plaisir. Parfois c’est Aline qui me trouvait avant toi, mais j’ai appris à l’apprécier ou du moins à cesser de la craindre; l’exclusivité de ma peur t’étant fidèlement adressée.
Puis, par une des rares journées en développement de produits, un message qui me demande de venir te rejoindre immédiatement. Ces demandes empressées m’ont toujours secoué le squelette frénétiquement. Tu connaissais pourtant mon horaire, les assistants s’afféraient encore au labo et je ne pouvais pas les laisser sans surveillance. Le pouvais-je? Tout était pratiquement terminé. J’ai prétexté une urgence et mis en charge un assistant pour tout fermer avant de quitter. Je suis allée rapidement à la salle de bain pour me rafraîchir et retirer ma culotte. J’ai bu une gorgée d’eau – le stress provoqué par tes instructions me rendait toujours la bouche sèche – et je suis descendue au sous-sol te rejoindre. Contrairement à nos habitudes, ce n’est pas sur tes instructions que je suis tombée en premier mais sur toi, nu, le corps brûlant près de la fournaise. « Embrasse-moi miss » que tu m’as murmuré d’un ton ferme. Une instruction aussi imprécise me permettait une créativité dans cette marque d’affection qu’est le baiser. Brusquement, tu m’as tiré vers toi et m’as tourné de sorte que je te montre mon dos. Tu as agrippé mes seins et serré mes mamelons d’une force à faire crier la plus soumise mais tout ce que je sentais c’était la chaleur de ta poitrine contre mon dos et ma chatte en feu, beaucoup trop près de la fournaise. Tu m’as retourné brusquement et tu m’as forcé à m’agenouiller en mettant du poids sur mes épaules. C’est alors que mon dos s’est enflammé de cette chaleur difficilement supportable. C’est alors que tu m’as envahi, te servant de mon corps pour ton plaisir, agrippant mes cheveux pour guider ma tête et ma bouche à ta guise.
C’est une odeur de fumée qui nous a sorti de notre transe. « Merde, les brûleurs bunsen du labo, quel abruti n’a pas pensé à fermer le gaz » ai-je hurlé, plus déçue d’avoir été interrompu dans mon plaisir que dans la perspective d’un feu au boulot. J’allais perdre mon emploi à coup sur. J’avais peur. Et lui? Et moi? Comment ai-je pu laisser ainsi une histoire de sexe tordu me détourner des mes ambitions? Où était la femme simple et organisée qui avait mérité ce poste il y a quelques mois? J’étais muette, immobile, animée seulement par mes réflexions en panique. « Qui t’ont dit d’arrêter miss? Je t’ai connu mieux élevée! » m’as-tu dis. Je t’ai regardé, mi-amusée mi-incrédule. « Tu tiens vraiment à ce job? Moi honnêtement je m’en fou pas mal! Alors, toi et moi, on continue de s’amuser ou pas? » J’ai docilement ouvert la bouche pour que tu l’envahisses, non sans avoir accusé réception de la gifle imposée pour mon impertinence. (FIN)

Laisser un commentaire