Carboniser la com’: Chapitre 2 : La descente à la conciergerie
C’était un jeudi soir. Pas d’enfant, pas de conjoint, pas de chien, pas de 5 à 7; voilà le regroupement de toutes les conditions idéales pour faire des heures supplémentaires au boulot et oublier sa triste vie. La dernière arrivée hérite toujours des mandats où il faut creuser les archives, voilà une règle non écrite du milieu du travail. J’ai profité du silence complet, à l’exception de la ventilation, pour attaquer ce projet. Je me suis donc dirigée vers les archives au sous-sol. Je ne suis pas d’un naturel peureux mais comme le bureau était fermé et que j’étais la seule âme qui y vive, le silence m’imposait un certain niveau de crainte. J’ai donc tout mis en branle pour faire le moins de bruit possible. Puis, convaincue du ridicule de mes peurs de gamine, c’est au son franc de mes talons hauts que j’ai arpenté l’escalier en direction du sous-sol puis l’étroit corridor encombré. J’ai allumé les néons frénétiques de la salle des archives et j’ai tenté de trouver rapidement le dossier désiré.
Les mains enfoncées jusqu’aux coudes dans des boîtes aux odeurs de vieux carton s’apparentant au vomi, j’ai soudainement entendu le son strident d’une pièce de métal qu’on martèle avec une autre. Mon cœur s’est mis à se débattre, voulant sortir de ma poitrine mais contraint, maintenu en place de force par ma cage thoracique. J’ai refermé la porte derrière moi et j’ai pris une grande respiration. Qui était là? Était-ce toi? Peu importe quelle était la réponse à cette dernière question, elle n’avait rien de rassurante. J’ai pris mon dossier, oubliant les autres, et suis ressortie prestement. En fermant la porte et la lumière derrière moi, mes yeux ont pris quelques secondes pour s’accoutumer à la pénombre du corridor. D’un pas qui se voulait assuré, j’entrepris de faire claquer mes chaussures vers l’escalier. C’était un jeudi soir.
Mes genoux tremblaient, ralentissant ma cadence que je souhaitais pourtant sans peur. Le silence était lourd, je n’entendais rien, pas même un bruit au loin qui m’aurait rassurée sur la distance qui me séparait d’un éventuel danger indéfini. Puis, alors qu’il ne me restait que quelques mètres à franchir avant la cage d’escalier que j’aurais grimpée à la course, des mains ont agrippé mes hanches et m’ont projetée au mur. L’odeur ne laissait aucune place à l’imagination; j’ai ouvert mes yeux qui s’étaient fermés de toute leur force pour te reconnaître. Ta main gauche s’est plaquée sans délicatesse contre ma bouche, alors que l’autre a gravi ma nuque et s’est imposée, serrée au fond de mon crâne, enroulée avec force extrême dans ma tignasse. Tu m’as fixé de ce regard qui glace le sang, ce même regard que j’évitais depuis mon arrivée au bureau. J’ai bien tenté de regarder tes yeux un instant, essayant d’y deviner quelque chose d’humain pour apaiser mes angoisses mais vite intimidée, j’ai fixé ta poitrine. Mon cœur s’affolait, j’étais certaine que tu le voyais se débattre à travers mon chemisier. Le silence qui régnait nous permettait à tous les deux de n’entendre que nos respirations accélérées. Tu me fixais avec supériorité et plus je paniquais, plus je te voyais reprendre ton calme. Cet échange de crainte était troublant. Ta main quitta mon crâne et s’est promenée sur moi, me tâtant comme un morceau de viande, me touchant sans délicatesse. Alors que je m’apprêtais à m’écrouler au sol tellement la tension me rendait la tête légère, des compliments inespérés ont filtré de ta bouche, en mi-murmure mi-râlement. Mon cul, c’était quelque chose à propos de mon cul, de mon cul et de mes seins. Je n’ai rien compris, je n’écoutais pas, mon cerveau avait décroché de la raison depuis quelques minutes déjà, j’étais hors de mon corps, et pourtant, je ne t’ai pas demandé de répéter. Intimidée, inconfortable, j’attendais simplement que ça se termine, comme une victime de viol résolue à ne plus se débattre. Contre toute attente, tu retiras ta main de ma bouche. Je n’ai pas eu le temps de raisonner que tu as abattu ta bouche contre la mienne avec force. Ta main retournée s’enfouir sous ma chevelure s’est mise à tirer avec force les cheveux encore attachés à mon crâne, te donnant le parfait contrôle de ma tête. Tu as approché ton visage du mien en me tenant avec force de sorte que je n’oppose aucune résistance. Éreintée, je t’ai laissé prendre ma bouche et j’ai apaisé la tienne. Puis, d’un claquement de doigt silencieux, tout a cessé. Tu m’as gardé immobilisée au mur et tu as sondé le fond de mon regard. Tu as même relevé mon menton quand je regardais le sol, m’imposant de fixer ton regard froid, intimidant, amusé, insolent. D’une main agile et délicate cette fois, tu as inséré deux doigts dans mon pantalon puis dans mon sous-vêtement et alors que tu ramenais ces deux doigts à ta bouche tu m’as dis, diverti « C’est pas bien d’aimer ça miss, quoi que ça soit pas une surprise pour moi! Ramasse ton dossier et retourne immédiatement travailler. » Suite à cette expérience pour la moins troublante, je n’ai pas porté plainte, j’étais beaucoup trop chamboulée et fascinée. (à suivre…)

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